Line Tafomat, la voix dans tous ses états

 

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Pas évident de transcrire une rencontre avec Line, qui mêle à la parole beatbox, percus et chant ! Chez elle la voix, c’est le corps, nourri de yoga la tête en bas et…de chocolat. Il n’y a pas de note, il y a le mouvement au-devant de la pensée, le ressenti d’une pulsation et les voix des autres, celles à explorer. Inspirée des circle songs de Bobby Mc Ferrin, formée à la technique du chanteur moderne d’Allan Wright mais se baladant dans ses rêves d’une nuit aux côtés de Serge Gainsbourg, Line à la voix enveloppante de contre-alto nous fait groover grave !

[HF s’excuse d’avance pour la retranscription aléatoire des onomatopées, s’adresser à l’intéressée pour les sons originaux !]

 

On t’a aperçue au FestiFaï en 2014 aux côtés de Delphine Coutant ; aujourd’hui tu reviens en solo pour l’édition 2017. Qu’est-ce qui t’as fait revenir au FestiFaï ?

Eh bien parce qu’on me l’a proposé ! J’ai vraiment apprécié la découverte de ce festival il y a 3 ans, son ambiance, son atmosphère ; je trouvais qu’il y avait une jolie musicalité mêlée d’une jolie humanité… Et du coup quand on m’a proposé, j’ai dit « oui » !

 

Sur le programme, on peut lire « concert participatif » et « concert récréatif » pour ton spectacle du 22 juillet. Qu’est-ce donc ? Y-a-t-il une subtile différence entre ces deux notions ?

Alors, un concert participatif, c’est un concert auquel on participe…- en fait des fois, je pense qu’il ne faut pas aller chercher très loin [rires], et un concert « récréatif », a priori, c’est un concert où on s’amuse…L’idée étant de cocréer avec l’artiste, où moi-même j’amène de la matière vocale, de la matière percussive et que cette matière s’exprime dans toute une marge qui va aller du solo absolu à la chorale dans laquelle les gens deviennent « spect-acteurs ». Ceci vient du fait que je suis artiste-chanteuse ET artiste-pédagogue et j’aime vraiment, sincèrement, les deux. Dans ma pratique artistique, je me sers donc du public comme une chorale et c’est fou tout ce qu’on peut lui faire faire [rires] ! C’est en fait assez impressionnant de voir ce qu’on est capable d’impulser et ce que les gens sont capables de sortir alors qu’on ne s’y attendait pas. Et puis il y a souvent, je trouve, des moments suspendus où les gens font « lalala » [chante tout bas] et toi tu les relances tu fais « LALALA » [chante très fort] et tu reçois toujours un « lalala » [tout bas] mais tu commences à voir arriver des sourires…Et au fur et à mesure, tu vois la tête des gens qui commencent à faire ça, à se regarder les uns les autres et à se dire « waou c’est nous qui faisons ça!».

 

Et ça prend toujours facilement ?

Ça dépend vachement des publics et moments. Des fois toi-même tu lances des trucs en mode diesel et donc tu es content que les gens le soient aussi, des fois tu es en mode « trois, quatre tsshh ! » et des fois tu donnes toute ton énergie et ce que tu récoltes, c’est tout petit petit. Ca fait partie des inconnus du processus. Mais en faisant pas mal d’ateliers pédagogiques et d’ateliers polyphoniques, j’accumule des expériences, et le concert participatif-récréatif vient mêler tout cela. Généralement, les gens viennent me voir à la fin et me dire « mais pourquoi c’est trop court ?! »

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« Concert participatif », on entend cet adjectif un peu partout aujourd’hui : est-ce que cette démarche vient s’inscrire dans la tendance du « co-  tel qu’on peut le trouver dans les transports, la nourriture et ces autres initiatives d’aujourd’hui ?

Ça peut ! Ça a du sens en tous cas car c’est l’idée de faire ensemble et faire avec ce qu’on a. Tu viens avec ton corps et avec ton corps tu peux faire – poumtchak – pleins de choses. C’est aussi l’idée d’exprimer la créativité que chacun porte en soi et qu’on ose peu montrer. On est quelques-uns auto-proclamés artistes, mais c’est présent chez tout le monde, et faire sortir cela joue sur l’estime de soi, le partage avec les autres. Alors oui, effectivement on peut dire que c’est bio, écolo…local ! Ou plutôt local international : c’est ce qui est génial avec cette formule, tu vas partout.

 

Et quelles sont tes influences dans ton apport de matière vocale et percussive ?

Je cherche dans toute cette famille-là qui est musique corporelle. La musique organique, de base, elle est universelle. Ensuite, musicalement, je suis influencée par les bonnes musiques du monde entier. J’ai un goût particulier pour les musiques panafricaines – bon ça veut rien dire mais afro-américain, afro-caribéen, afro-réunionnais, afro-africain…. L’identité musicale africaine ne se limite pas à l’histoire de l’esclavage. On a une vision assez réductrice de cette identité.

 

Et du coup, comment se passe la coopération artistique avec les 3 autres pour l’instant ?

On s’est rencontrés plusieurs fois par Skype avant cette résidence. Je suis curieuse de rencontrer les filles en chair et en os car je ne les connais pas du tout: je ne suis pas dans le milieu chanson, je suis dans le milieu vocal.

 

Avec ton ensemble vocal, faites-vous également de la chanson française ?

Dans notre ensemble, ce n’est pas moi qui chante, c’est elles! Mais c’est en général plutôt groove et polyphonies: on a fait par exemple un chant occitan du XVIème siècle, du gospel, Stevie Wonder… Je dois être la pièce outsider du FestiFaï!

 

Dans la résidence, chaque artiste apporte ses chansons, et toi ?

Oui, moi aussi. Ah, tu entends quoi par chanson française ? Parce que c’est large, si ce sont des chansons en français alors oui.   Là où je me retrouve aussi pas mal, ce sont dans les textes ; c’est d’ailleurs là où on s’est retrouvées avec Delphine Coutant, ce même amour des mots, de la poésie…et finalement, pas vraiment de la musique.

 

Quel est ton parcours pour en arriver à musicienne-pédagogue ?

Quand j’étais enfant j’ai joué du saxophone, puis à 19-20 ans j’ai commencé le chant et là j’me suis dit « vazy j’continue ! ». J’ai donc poursuivi à l’envie et à la motivation car il y avait « là où j’étais » et « là où je voulais aller » et il existait comme une petite distance entre les deux  donc j’ai commencé à prendre des cours de technique vocale. J’ai notamment réalisé une formation de deux ans avec Allan Wright et sa technique du chanteur moderne ; j’adore son approche très cartésienne du chant et sa conception mouvante de cette technique qu’il ne souhaite pas figer en une « méthode ».

 

Et la discussion continua, continua, continua…jusqu’à ce que Line change la parole pour le piano!

~The End~

 

 

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