« Chansons pour arrêter le temps », ressentis de résidence

On demande souvent l’avis du public, on demande plus rarement celui des artistes. Que pensent-ils de leurs concerts en gare et de la résidence, les 4 chanteurs du FestiFaï ? Enquête spéciale d’Hors-Format réalisée par l’interviouvée elle-même (autant vous dire qu’elle est spéciale celle-là !).

J+7 déjà (et que) une semaine qu’on joue ensemble, qu’on explore nos univers respectifs, qu’on fait connaissance musicalement et humainement.

Musicalement, à J+7, on a appris les chansons des uns et des autres, on se les approprie, on s’amuse aussi, allant là où on n’a pas l’habitude de s’aventurer, hors de la zone de confort. A J+7, le répertoire au début disparate s’étoffe, s’assume, se pose. Du coup, la folie s’immisce et accentue le contraste pour dessiner le relief.

Humainement, à J+7, on titille les tics découverts au fil des répétitions, on cerne nos limites qu’on ose pousser pour les dépasser et avancer ensemble, dans le respect de chacun. Car tout professionnels que nous sommes, à J+7, quasi 24h/24, on a chacun-e eu un moment de tristesse, de fragilité, de stress, de doute. Et parce qu’en même temps que la musique s’écrit, les humains se lient, ces moments on les transcendent, dans l’échange, la parole, le chant.

Rythmés par le balancement du Veyn’art, les jours se suivent et ne se ressemblent pas, ponctués de rencontres en tous genres, de chocolat au lait et des chaleureux repas d’Aline [non, pas la contrôleuse du Veyn’art mais la responsable accueil des artistes sur le FestiFaï !] …

L’aventure continue, prochaine étape : le FestiFaï…A J+7, ce n’est pas encore fini qu’on pense déjà à revenir…

Par Line Tafomat, dans le Vey’nart au retour d’un concert en gare de Briançon

 

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Générale, 19 juillet [photo: C.Mery]
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En gare de Briançon, 16 juillet, 10h35 [photo: AA]
 

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A la résidence vocale des 4 chanteurs, s’est immiscée la résidence dansée de la Compagnie Chrysalide qui a eu 2 jours pour mettre en mouvement « Chansons pour arrêter le temps ». Retour sur leur travail et sur leur ressentis de danseurs dans un lieu atypique qu’est le Faï.

Hf: Comment avez-vous procédé pour vous intégrer à ce que les chanteurs avaient déjà construits?

Christelle, chorégraphe de la compagnie Chrysalide: Très simplement: en amont, je connaissais l’univers de Philippe [ Christelle a travaillé avec Philippe Séranne sur la scénographie] et il m’a également envoyé des extraits musicaux des 4 artistes sur scène. Sinon, on a écouté ce matin tout le set musical, on a échangé à propos des moments où les chanteurs et moi-même voyaient de la danse. Puis j’ai enregistré ce qui m’intéressait d’eux au niveau musical et on s’est retirés avec les danseurs pendant une demi-journée pour travailler et structurer chorégraphiquement parlant. Enfin, on a reéchangé avec les chanteurs en fin d’après-midi.

Hf: Dans la chorégraphie, travailles-tu à partir de la musique ou bien directement du mouvement?

Christelle: Les deux; la musique est très écrite donc on essaye de se caler sur elle. Ensuite, mes consignes pour les danseurs, ce sont des choses qui ont trait uniquement au mouvement.

Hf: Y-a-t-il des moments musicaux qui provoquent particulièrement le mouvement pour vous, par exemple avec la voix du violoncelle?

Christelle: Ah oui effectivement. On danse principalement sur les morceaux de Line qui étaient extrêmement inspirants: ça a tout de suite parlé aux danseurs de retrouver cette rythmique très présente. J’ai fait le choix de ne pas intervenir sur les chansons à trop-à-texte car il y a des chansons qui s’écoutent et trop de visuel tue le texte. Il fallait donc trouver un équilibre entre tous les arts ici présents et les chansons de Line s’y prêtent assez bien. Ensuite, on a les Trompes qui sont un vrai bonheur; avec un vrai travail d’improvisation et un son vraiment particulier, qui pose une ambiance un peu magique, de science-fiction…

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Pendant la générale, le 19 juillet [photo: Claude Mery]

A quoi êtes-vous sensibles lorsque vous dansez dans ce spectacle ?

(Hf précise que la question a été posée séparément aux 2 premiers)

Camille, 22 ans, a commencé la danse dans sa baignoire – à tout ! Le lieu, l’ambiance, le son…on reçoit beaucoup d’informations et il faut composer avec cela. Dans une des chansons, j’ai commencé à improviser dans quelque chose qui n’est pas mon répertoire et c’est resté, c’est intéressant, ça me met en difficulté !

Adrien, 20 ans, médite quand il ne danse pas– à tout ! Le lieu, les personnes, la musique…et de toute façon quand la musique s’arrête, celle-ci est encore dans le silence, dans la respiration.

Céline, 18 ans, fière bachelière – à ce qui se passe en moi quand je danse, j’essaye de me regarder danser, c’est comme s’il y avait des petits explorateurs dans mon corps ; oui, cette conscience du corps. Et de celle des autres aussi, car nous sommes un groupe.

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