Lumineuse Line Tafomat et archet échevelé de la Cellowoman

22 juillet, 20h30: double concert au Café du Peuple

En mots sur Nos enchanteurs ici

En images et en sons là:

 

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Métamorphoses du piano et mélodie du vin : vernissage

 

Deuxième évènement du festival d’arts et de chanson en lieux insolites, « les pianos transformés » ont su créer poésie et rencontres en ce vendredi 21 juillet dernier.

A FestiFaï, il est d’usage de se jouer du piano et de l’accorder en d’insolites harmonies : dans la cour de l’écomusée cheminot de Veynes, ce vendredi soir anormalement animée sous une pluie d’orage, une mélodie bien différente de celles des trains et des vieilles horloges ferroviaires fixées par le temps s’y élève. Notes de piano et bruit de bouteilles que l’on débouche ; le temps est à la fête, le temps est au vernissage des pianos métamorphosés !  Aux mains de quatre plasticiens professionnels et amateurs – Michaël Relave, Marie-Sophie Koulischer, Emilie Teillaud et Gaëlle de Feraudy, au terme d’une résidence d’environ 1 semaine, ont épousé ou décortiqué tables d’harmonies en de nouveaux accords sublimés tantôt « en convergence », tantôt « en contraste » par Philippe Rodriguez alias Vinomelody, caviste de Veynes. Lui-même plasticien de formation, la fibre esthétique qui l’anime se réveille alliée d’une pointe de spirituel à chacun de ses commentaires décapants. Dans un florilège d’adjectifs que Philippe Rodriguez anime comme s’il était partie prenante du piano, chacun se voit associer « un vin bio élevé en levure naturelle » aux noms de domaines inconnus des supermarchés et autres caves ordinaires. Du Viognier pour l’univers « chantant » et assoiffé de couleurs de Michaël, au rouge puissant évoquant épices et sécheresse de la garrigue pour le piano démantelé et sec de Gaëlle, en passant par les plus sensuels et enveloppés instruments d’Emilie et Marie-Sophie ; les visiteurs trinquent et se font leur propre idée, entamant de multiples « dialogues avec les œuvres d’art ». Véritable petite poésie de la rencontre, ces pianos sans le vouloir créent les liens : entre deux vins, Line Tafomat, chanteuse du festival, exprime sa joie par un « I’m feeling good » au piano d’Emilie, voix qui prend soudain toute la place dans le silence qui se fait autour d’elle. Deux très jeunes visiteuses venues aider Michaël Relave dans sa peinture se mettent elles aussi au clavier…  S’il ne faut qu’un piano et quelques accords pour rapprocher les gens, FestiFaï a trouvé le bon cru !

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Et pour finir sur une touche généreuse, un super-montage réalisé par Elisabeth Chedebois:

 

Vous en voulez plus? L’intégralité du tube de l’été « Avec ma grand-mère », c’est par ici!

 

 

 

 

Jouer de concert: quand deux festivals s’allient

Un partenariat réussi pour le Festival de Chaillol et le FestiFaï accueillis par la Ferme du Faï ce 20 juillet dernier pour un double plateau et un double plaisir.

On aurait plutôt l’habitude de voir les festivals se disputer le temps des potentiels spectateurs en cette période estivale.  Ce 20 juillet, ce fut l’inverse. La Ferme du Faï (commune du Saix), connue pour accueillir les chantiers de Village des Jeunes – association réunissant des jeunes de tous pays et cultures autour d’un projet commun concret-, a vu naître en son lieu et pour la première fois un double plateau Festival de Chaillol/FestiFaï.

Qu’on ne se leurre, pas cette collaboration provient à l’origine…d’un conflit de dates ! Les deux festivals souhaitaient organiser un concert au même lieu le même jour. Mais quelle belle rencontre que ce conflit a produite. D’un côté, le Faï représentant la marque de fabrique du FestiFaï, revenu après 3 ans d’absence à son berceau créé par Jean-Michel Pillone, directeur du la Ferme du Faï à l’époque, et Philippe Séranne ; de l’autre Chaillol, « conjuguant les joies de la découverte musicale à celles d’une joyeuse itinérance dans le vaste territoire alpin ». Côté organisation, ce dernier s’est chargé de la billetterie afin de faciliter l’entreprise déjà colossale.

Ainsi, rencontres des cultures liées pour un temps à ce qui semble son contraire – des identités culturelles marquées, la patte artistique de Chaillol ; la fête s’ouvre sur les ardents musiciens de Mazalda accompagnés de Sofiane Saidi, la voix du raï et Manu Théron, voix de l’occitan. Le raï se marie à l’occitan sans accroche et ondulent dans les corps ; ce n’est plus musique mais mouvement et les voix réveillent images enfouies de paysages imaginaires, invitent à la danse sous les sons aux limites de la trance.

Les Trompes du Faï, système sonore unique en son genre, se charge de la transition qui n’est pas des moindres, les accents de Sofiane Saidi répercutés en échos contre la falaise : de 10 musiciens, on passe à 4 – Elsa Gelly, Line Tafomat, Katrin’Waldteufel et Philippe Séranne accompagnés des 3 jeunes danseurs de la compagnie Chrysalide.  S’ensuit une toute autre exploration vocale, au doux mélange non pas raï mais plutôt railleur, tantôt mélancolique ou joyeux sur des chansons originales des chanteurs ou de reprises de classiques de la chanson. La fête fait place à l’intimité, aux harmonies soigneusement accordées, à la respiration du silence entre les voix et les corps. La musique s’achève, naturelle, dans la nuit qui a déjà pris les plus jeunes spectateurs, endormis dans les échos de la montagne.

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Katrin Waldteufel alias Cellowoman

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Fan de Wonderwoman quand elle était petite et de son aïeul alsacien, grand compositeur pour soirées dansantes, Catherine ou Katrin’ est devenue par une métamorphose incongrue – Cellowoman, une femme à cordes aux pouvoirs de voix décuplés (au moins par deux) qui ne dort pas avec son violoncelle mais « à côté ». A l’écoute de son album sorti en février dernier, c’est tout à fait bluffant : les deux s’en mêlent mais ne font qu’un (HF en est déboussolé) ! Sinon, elle aime les fleurs dans les cheveux et la couleur rose-rouge, et elle a l’air très sérieuse et très sage comme ça mais vraiment, ne vous fiez pas aux apparences : elle vous déménage un Café du Peuple entier à son énergie vocale trépidante !

 [une autre interviou faite au vol avant une résidence]

 

Bonjour Katrin, Tu te nommes également Cellowoman. Pourquoi ce nom aux consonances mystérieuses ?

Mon nom d’artiste, quand j’ai commencé, c’est Katrin’ pour faire plus court que l’orthographe ordinaire et j’ai gardé mon nom de famille qui est illustre grâce à un aïeul compositeur avec un nom qui est magnifique et dont je suis très fière mais à part en Alsace et en Allemagne c’est toujours compliqué pour le prononcer, les gens bloquent sur le « waldtttt » et du coup en entendant les gens prononcer mon nom avec une certaine difficulté, je me suis dit « pourquoi pas trouver un truc plus simple qui parlerait aussi directement de mon univers ! Cello c’est en effet l’abréviation, le terme générique qui vient de l’italien pour tout violoncelliste du monde entier. C’est pour raconter ce qu’il se passe sur scène : il y a du cello, il y a une femme ; cello-femme ça sonnait moins bien que cellowoman et en plus il se trouve que c’est quand même mes initiales C.W, Catherine Waldteufel. Et là les gens le retiennent et arrivent à le prononcer normalement, du coup ça me va.

 

Cellowoman, ça fait aussi super-héros ! Cellowoman a-t-elle des super-pouvoirs ?

Exactement. En fait, c’est un peu le contre-pied du super-héros : y’a Pretty Woman, Wonder Woman et il y a Cello Woman. Je pense que les héros modernes n’ont rien à voir avec les héros qu’on nous montre dans les livres et les films, c’est-à-dire que je propose vraiment ce que je suis, le plus authentiquement possible : je montre que je ne suis pas la plus forte ni la meilleure mais qu’il y a un peu de bonheur par là et finalement les gens se sentent rejoints dans ce qu’il y a d’imparfait car nous sommes tous les mêmes dans cette imperfection. C’est ce qui nous lie tous. Et ce n’est pas grave ! Le monde nous montre ce modèle de perfection et effectivement, ça fait rêver, on a besoin de rêve mais à un moment donné, il faut aussi voir l’autre côté.

 

Mais justement une Cello Woman, c’est original, ça appelle au rêve !

Eh bien Cellowoman s’appelle aussi Cellowoman parce qu’il ya Mr Cello. C’est de l’ordre de l’onirique. Et sa vie sur scène, c’est avec Mr Cello.

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A chanson qui rocke, Katrin rocke!

Et comment se passe cette vie de couple ?

Alors il y a Cellowoman sur scène et Catherine dans la vie, c’est du 2 en 1 comme l’exprime le titre de mon album. On peut être double : il y a un peu de cello en moi et Mr Cello a un peu de Cellowoman en lui. Je suis femme et violoncelliste, la femme violoncelle et sur scène, effectivement, nous sommes inséparables. Ca peut ressembler à une vie de couple mais le jour où les violoncelles parleront, les poules auront des dents ! On est dans un univers onirique et poétique, c’est ce côté entre la vie très quotidienne et la vie fantastique qu’on s’invente.

 

On dit que le violoncelle est l’instrument qui se rapproche le plus de la voix. C’est donc peut-être toi, qui le fait « parler » …

C’est vrai qu’à un moment donné, sur la formule que je vais présenter au Festifaï, le but est que l’on ne distingue pas qui chante et qui joue. Ce n’est pas la seule que je fais sur scène mais ici c’est ce que je veux, mêler les deux. Dans l’album, il y a ces deux formules : la première « solo » que je viens de décrire, « deux en une » et une formule « duo », plus large, travaillée avec un multi-instrumentiste, qui donne un son plus large et où je lâche parfois mon violoncelle. C’est le CD blanc de l’album. Et finalement cet album montre bien mon côté duel, de mon travail, de mon univers, de ma personnalité et de ce que je présente sur scène.

 

Enfin, en regardant ton affiche et en t’ayant vue pendant la résidence, on sent un grain de folie percer derrière une apparence de sériosité !

[rires] Exactement, ce qui transparaît sur scène ne se voit pas forcément dans la vie mais je pense que beaucoup d’artistes ont ça en eux, pas vraiment un côté schizophrène mais pour s’exprimer d’une façon plus fantaisiste, il faut un cadre, et c’est ce que donne la scène, un espace-temps cadré. Donc oui, la Cellowoman est toujours là en moi, mais elle s’exprime à des moments particuliers.