Elsa Gelly, Philippe Séranne: des mots et non des moindres

L’article est par ici !

Illustrations par les photos de Claude Mery et Nicolas Scarpellini ci-dessous!

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La Rotonde, késako?

La Rotonde, lieu de concert du 23 juillet, est l’ancien emplacement de garage et réparation des trains; un cercle où défilaient wagons et locomotives sous une grande coupole. Il en existe encore, comme à Chambéry. Celle de Veynes, cependant, a été détruite en 1971 et a suscité beaucoup d’émotions; comme le témoigne ses quelques extraits…

[merci à la compagnie Dernière Minute pour ses extraits choisis!]

 

6 novembre 1971, la dernière rotonde de la région méditerranée part en fumée. Certes, elle était en mauvais état, mais elle était l’un des symboles de la gloire du PLM 36 voies et…72 fenêtres pour 80m de diamètre.

 Le personnel est utilisé à la démolition des locomotives…et là, y’a pas que la rotonde qui est abattue !… Roger Marrou, cheminot veynois (dit La Repi) en a fait un poème intitulé « la fin d’un règne » :

« La fin d’un règne

Ce lent écroulement leur rappelait soudain

Celui que les trompettes chantèrent avant combat

Bien des siècles en arrière, au bord du Jourdain.

Mais ce soir ne sonnait que le bronze d’un glas

Un airain qui pleurait sur une sépulture,

Des songes envolés, un règne qui s’achève.

Des illusions perdues que des foulées impures

Inexorablement repoussaient vers le rêve.

Puis la dernière pierre tomba comme lassée

Suivie par des regards perdus loin dans le temps

Qui tentaient de chercher les traces du passé,

Ce passé qui fuyait déjà depuis longtemps

Comme un vieux souvenir, un conte trop usé

Au passage des ans, et qui s’oublie bien vite.

Une larme brilla en goutte de rosée

Puis coula doucement sur une face cuite.

Il ne restait plus rien du colosse de pierre.

Rien qu’un immense vide emplissait le regret.

Là-haut dans le ciel bleu où planait la poussière

Un ange pris son vol ,bouté par le progrès.

Les yeux se détournèrent sur le gris du chemin

Où passaient lentement les fantômes ternis

d’une ère révolue que la main du destin

Refoulait sans pitié vers l’éternelle nuit…

Le long piétinement d’un groupe soudain las,

S’en allait tristement suivant une autre vie,

Foulant une autre route où résonnent les pas

De ceux qui auraient maudit cette lente agonie

Et le dépôt SNCF tomba… « 

 

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Dans le Veyn’art ensoleillé: la nostalgie jusqu’au bout

 

La fabrique d’un festival

Installation de la Rotonde : pied-à-terre sur une étoile

Un festival itinérant dans un train, ça fait rêver non ? FestiFaï et le Veyn’art l’ont fait, mais pas depuis un nuage : l’ambition onirique se heurte toujours à la réalité de la réalisation, notamment dans de tels projets impliquant une multitude d’acteurs, notamment la grosse machine de la SNCF. Il a fallu entre autres avoir l’accord de toutes les gares d’arrêts et dépêcher du personnel en plus – vu qu’il s’agit également « de périodes de congés », nous précise Brigitte –  chef de gare à Veynes, enthousiasme aux lèvres discret mais palpable et la conscience des précautions.

Quant au concert du 23 juillet clouant le festival, c’est aussi en gare qu’il va se dérouler, mais celle des trains, des anciens trains qu’on réparait sur une Rotonde, aujourd’hui friche industrielle, verdure réapparaissant entre les pavés et plateforme d’une jolie couleur rouille. Evidemment, même processus :  c’est ici un dossier complet, photos à l’appui qu’il a été nécessaire de transmettre pour obtenir l’autorisation de la région SNCF. On ne lésine pas ensuite sur la sécurité dans l’installation des gradins qui doivent être prêts à recevoir d’éventuels transports d’amour, de joie, ou autres effusions des spectateurs : « Imagine qu’ils décident tous d’un coup de se lever pour aller embrasser les artistes à la fin », lance Jean-Michel Pillone, en train de fixer avec attachement les planches qui accueilleront séants de spectateurs.

Bref, les rêves sont réalisables… avec un solide pied-à-terre !

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